Focus Généalogique : Les Lamour, l’exception statistique de l’arbre Agneray

Si vous avez consulté notre palmarès des familles alliées comptant le plus fort taux de consanguinité (les fameux implexes), une absence a pu vous surprendre. Pourquoi la famille LAMOUR (ou Lamoureux), pourtant si présente dans les registres maritimes de la région, ne figure-t-elle pas aux côtés des Lenthieule, des Bournisien ou des Radenne dans le Top 10 de l’endogamie ?

Avec 61 descendants uniques répertoriés dans notre base de données, la famille Lamour occupe pourtant une place historique et démographique de premier plan. Mais l’analyse de cette branche révèle un comportement matrimonial fascinant : elle est l’exception statistique absolue de l’arbre Agneray.

1. Des racines au plus près des origines

Le patronyme Lamour n’est pas une pièce rapportée tardivement : il s’ancre à la racine même de notre arbre.

Le nom entre dans la famille à l’aube du XVIIIe siècle par la branche de François « Gilles » Agneray (1654-1721). Sa fille, Marie Agneray, épouse un monsieur Lamour. De cette union naissent plusieurs enfants à Marck entre 1703 et 1720 (Gabrielle, Charles, François, Antoine…). Ces enfants constituent la souche de cette grande lignée qui va ensuite s’étendre, au fil des générations, vers Gravelines (19 naissances) et Oye-Plage (17 naissances).

2. L’anomalie mathématique : 2 implexes sur 61 !

Jusqu’ici, les Lamour ressemblent aux autres familles souches. Mais c’est au moment de calculer leur taux d’endogamie que l’algorithme s’affole.

Dans les autres familles de pêcheurs, le taux d’implexes crève les plafonds (91 % chez les Lenthieule, 84 % chez les Deseigne). Chez les Lamour, sur les 61 descendants identifiés, seulement 2 individus possèdent un implexe. Les 59 autres descendants Lamour ont une ascendance généalogique parfaitement « simple », sans mariages croisés entre cousins.

Comment une famille aussi ancienne, vivant dans les mêmes villages de pêcheurs que les autres, a-t-elle pu échapper à cette consanguinité généralisée ?

3. La « fuite » de l’implexe par les femmes

La réponse à cette énigme réside dans une règle d’or de la généalogie patronymique : le nom se transmet par les hommes, mais l’implexe voyage très souvent par les femmes.

Pour conserver le nom Lamour sans créer d’implexes, cela signifie que les hommes de la famille Lamour se sont mariés en dehors du cercle familial restreint. En épousant des femmes issues d’autres familles (parfois en migrant vers Gravelines), ils ont transmis le nom Lamour à leurs enfants, mais sans croiser les lignées Agneray.

À l’inverse, que s’est-il passé pour les filles Lamour ? Elles ont fait exactement le contraire ! Elles sont restées au cœur de la communauté marckoise et ont épousé leurs cousins. Les registres sont formels :

En s’unissant à des cousins, ces femmes Lamour ont créé de gigantesques « nœuds » généalogiques… mais elles ont transmis à leurs enfants les patronymes RADENNE et BOURNISIEN

Conclusion : Les distributeurs d’héritage

L’histoire de la branche Lamour est une magnifique leçon de démographie. L’endogamie n’a pas épargné le sang des Lamour : elle a simplement « fui » leur patronyme. Les femmes de cette branche ont agi comme de formidables « distributrices d’implexes », exportant leur héritage génétique Agneray vers les autres familles alliées pour en gonfler les statistiques.

Étudier la généalogie Agneray, c’est comprendre que les chiffres bruts d’un nom de famille ne racontent parfois que la moitié de l’histoire, et qu’il faut toujours suivre la trace des mères pour comprendre la véritable cohésion d’un arbre.

les grandes lignées alliées historiques :

  • COQUELIN (87 individus) Lire notre focus : Comment ce nom boulonnais est-il entré dans la famille Agneray
  • LENTHIEULE (71 individus) Lire notre focus : L’endogamie marckoise par excellence
  • BOURNISIEN (70 individus) Lire notre focus : L’alliance historique de Marck et d’Oye-Plage
  • BRUXELLES (49 individus) Lire notre focus : La famille « pivot » de l’arbre Agneray
  • RADENNE (49 individus) Lire notre focus : L’autre grande dynastie de la côte d’Opale
  • DESEIGNE (43 individus) Lire notre focus : Le joyau de l’endogamie littorale
  • VEROVE (35 individus) Lire notre focus : De Marck à Gravelines
  • GODIN (23 individus) Lire notre focus : Les exilés de la Flandre maritime
  • EVRARD (98 individus) Lire notre focus : Le grand « retour aux sources » de l’arbre Agneray – Héritage direct du nom de l’épouse

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