
Oye-Plage (Ooie en flamand) est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France. Avec ses 33,86 km2, c’est la commune la plus étendue du Pas-de-Calais, juste devant Calais.
Situation géographique
Oye-Plage se situe au bord de la mer du Nord, dans la plaine maritime de Flandre, à la limite entre les départements du Pas-de-Calais et du Nord. À vol d’oiseau, la commune se trouve à 13 km à l’est de Calais, 25 km à l’ouest de Dunkerque, 29 km au nord-ouest de Saint-Omer, 81 km de Lille et 92 km d’Arras. Le territoire d’Oye est parcouru de nombreux fossés de drainage, les watringues ou watergangs, dont les plus importants sont le watergang des Grandes Hemmes, le watergang du Nord, le watergang du Sud, ces deux derniers reliés par le watergang des Dix Censes. La Rivière d’Oye, qui prend sa source à Guemps et se jette dans l’Aa à Grand-Fort-Philippe après un parcours de 13,5 km, forme la limite entre les communes d’Oye-Plage, au nord, et Offekerque, Nouvelle-Église, Vieille-Église et Saint-Omer-Capelle au sud.

Histoire de Oye-Plage, des origines à nos jours
Le territoire d’Oye-Plage appartient dès le Moyen Âge au comté de Boulogne, puis passe sous l’autorité des comtes d’Artois. Située sur une zone littorale instable, faite de dunes, de marais et de terres gagnées progressivement sur la mer, Oye a longtemps été exposée aux invasions, aux tempêtes et aux changements politiques.
En 879, les Vikings débarquent sur la côte et ravagent la Morinie. Le port d’Oye, actif au Moyen Âge, s’ensable peu à peu et finit par disparaître définitivement au XVIIIᵉ siècle. La commune reste alors un territoire rural et maritime, tourné vers la pêche, l’élevage et l’exploitation des terres basses.
À partir du XIVᵉ siècle, Oye subit les conséquences des grands conflits européens. Elle appartient successivement aux Anglais (jusqu’en 1558), puis revient définitivement à la France. Le château d’Oye, aujourd’hui disparu, joue un rôle stratégique, notamment lors de la conférence pour la paix entre la France et l’Angleterre en 1439.
Le XVIIᵉ siècle : pêche, digues et peuplement du littoral
Après la reconquête française du Calaisis, le pouvoir royal encourage la remise en valeur des terres littorales. En 1577, puis sous Henri IV, les habitants de Oye-Plage, Marck et Waldam reçoivent des concessions de terres à condition d’entretenir digues et bancs de mer.
C’est dans ce contexte que se développent les hameaux littoraux, notamment les Hemmes d’Oye, occupés par des familles de pêcheurs venues d’autres ports de la côte d’Opale. Ces populations vivent dans des huttes ou de modestes habitations, au plus près de la mer, pratiquant la pêche à pied, la pêche côtière et la pêche embarquée.
Les habitants d’Oye-Plage restent longtemps à l’écart des villages de l’intérieur. Leur mode de vie maritime, rude et solidaire, façonne une identité forte et distincte.
Le XVIIIᵉ siècle : une commune exposée aux conflits
Au XVIIIᵉ siècle, Oye-Plage est régulièrement affectée par les guerres franco-anglaises. La côte est surveillée, les ports et villages sont menacés de bombardements, et la population vit au rythme des alertes militaires.
Malgré cela, la pêche reste essentielle à l’économie locale. Les femmes jouent un rôle majeur dans la pêche aux crevettes, la récolte des vers marins et la vente du poisson dans les villages voisins. La vie reste difficile, marquée par la pauvreté, les disettes et une forte mortalité.

Le XIXᵉ siècle : mutations économiques et sociales
Au XIXᵉ siècle, les ressources locales ne suffisent plus à faire vivre les familles de pêcheurs. Beaucoup d’hommes s’embarquent sur les navires de Calais, Gravelines ou Dunkerque, notamment pour les grandes campagnes de pêche à la morue, en particulier vers l’Islande.
D’autres deviennent journaliers agricoles entre deux campagnes de mer. Peu à peu, les huttes de pêcheurs disparaissent et sont remplacées par des maisons en dur. L’école se développe, la population se stabilise, et Oye-Plage s’organise comme une commune rurale et maritime structurée.
Le XXᵉ siècle : déclin de la pêche et transformations du territoire
Au début du XXᵉ siècle, Oye-Plage reste encore marquée par la culture maritime, mais la pêche décline progressivement. Les grandes campagnes disparaissent dans l’entre-deux-guerres, et la pêche traditionnelle cesse presque totalement dans les années 1930.
La population se tourne alors vers d’autres activités : agriculture, industrie, chemin de fer, ports voisins. Les deux guerres mondiales marquent profondément la commune, notamment par les occupations militaires et les destructions liées à la proximité du littoral.
📜 Approfondir l’histoire de Oye-Plage à travers les archives
Au-delà de cette présentation générale, l’histoire d’Oye-Plage peut être étudiée plus en détail grâce à des archives communales exceptionnelles datant de la fin du XVIIIᵉ siècle et du XIXᵉ siècle.
Ces documents révèlent la vie quotidienne des habitants, mais aussi des conflits parfois très vifs, comme l’affaire des « 280 mesures de terres », qui a profondément marqué la commune à l’époque révolutionnaire.
👉 J’ai rassemblé et analysé ces archives dans une série d’articles dédiée :
Oye-Plage aujourd’hui

Au XXIᵉ siècle, Oye-Plage n’est plus un village de pêcheurs. La commune s’est transformée en un espace résidentiel et naturel, connu pour son littoral préservé et le Platier d’Oye, site ornithologique majeur de la région.
La plage, bordée de dunes sauvages et d’oyats, est devenue un lieu de promenade, de loisirs et de tourisme doux. Si la mer ne nourrit plus directement les habitants, elle reste au cœur de l’identité d’Oye-Plage, façonnant toujours son paysage, son histoire et sa mémoire collective.
