Statistiques de l’Endogamie : La Réalité des Implexes dans la Famille Agneray

Si notre page consacrée aux statistiques générales brosse le portrait démographique de la famille Agneray sur 13 générations, l’étude approfondie des alliances matrimoniales révèle une autre réalité, bien plus complexe et fascinante.

Les logiciels de généalogie traditionnels peinent souvent à calculer et à afficher l’endogamie extrême sur plusieurs siècles, simplifiant parfois les branches pour en faciliter la lecture. Pour contourner cette limite technique, nous avons procédé à une extraction mathématique sur-mesure de notre base de données, isolant rigoureusement les 3 517 descendants uniques identifiés à ce jour.

Les résultats de cette extraction mettent en lumière l’ampleur exceptionnelle des mariages consanguins au sein des communautés maritimes du Calaisis.

1. Un taux d’endogamie vertigineux (63,3 %)

En généalogie, un individu possède un « implexe » lorsqu’il descend par au moins deux chemins différents d’un même ancêtre (généralement suite à un mariage entre cousins dans les générations précédentes).

L’analyse stricte de nos 3 517 individus uniques donne le vertige :

  • 1 289 individus (36,7 %) ne descendent qu’une seule fois du couple fondateur (François Agneray x Jeanne Evrard).
  • 2 228 individus (63,3 %) possèdent au moins un implexe, c’est-à-dire qu’ils descendent par de multiples chemins de ce même couple.

Avoir près des deux tiers d’une descendance issue de branches entrecroisées est un phénomène démographique remarquable. Il illustre parfaitement la vie en vase clos des gens de mer sous l’Ancien Régime et au XIXe siècle, une population isolée socialement qui se mariait presque exclusivement en son sein.

2. Le Top 10 des « Familles Cousines »

Puisque les marins de la côte d’Opale ne se mariaient pas avec les terriens, le vivier de conjoints était restreint. Les Agneray se sont donc alliés de manière répétée avec les mêmes familles locales, créant un réseau génétique extrêmement dense.

Parmi les 2 228 descendants porteurs d’implexes, si le patronyme AGNERAY domine logiquement (avec 1 300 porteurs nés de mariages consanguins), on retrouve immédiatement les grandes lignées alliées historiques :

  • COQUELIN (87 individus) Lire notre focus : Comment ce nom boulonnais est-il entré dans la famille Agneray
  • LENTHIEULE (71 individus) Lire notre focus : L’endogamie marckoise par excellence
  • BOURNISIEN (70 individus) Lire notre focus : L’alliance historique de Marck et d’Oye-Plage
  • LAMOUR (61 individus) Lire notre focus : L’exception statistique de l’arbre Agneray
  • BRUXELLES (49 individus) Lire notre focus : La famille « pivot » de l’arbre Agneray
  • RADENNE (49 individus) Lire notre focus : L’autre grande dynastie de la côte d’Opale
  • DESEIGNE (43 individus) Lire notre focus : Le joyau de l’endogamie littorale
  • VEROVE (35 individus) Lire notre focus : De Marck à Gravelines
  • GODIN (23 individus) Lire notre focus : Les exilés de la Flandre maritime
  • EVRARD (98 individus) Lire notre focus : Le grand « retour aux sources » de l’arbre Agneray – Héritage direct du nom de l’épouse

3. L’épicentre géographique de la consanguinité

En cartographiant les lieux de naissance de ces descendants porteurs de multiples lignées, on dessine très précisément la géographie de cette ségrégation socio-professionnelle. L’endogamie des Agneray est un phénomène viscéralement attaché au littoral :

  • Marck : 925 naissances consanguines identifiées
  • Calais (et Saint-Pierre-lès-Calais) : 282 naissances
  • Oye-Plage : 181 naissances
  • Boulogne-sur-Mer : 124 naissances
  • Gravelines (et Grand-Fort-Philippe) : 139 naissances
  • Grande-Synthe : 80 naissances

4. Jusqu’où va l’implexe ? Le record absolu

Si nos anciens relevés logiciels plafonnaient à une vingtaine d’apparitions pour le couple fondateur, notre recalcul informatique exhaustif a permis de remonter la totalité des branches sans aucune simplification. Le résultat dépasse l’entendement généalogique classique.

L’exemple le plus spectaculaire de notre base de données concerne deux descendants contemporains (un frère et une sœur, dont nous tairons les noms par respect pour leur vie privée). En remontant leur ascendance sans aucune limite de fusion, nous avons découvert qu’ils ne descendent pas une seule fois du couple fondateur (François Agneray et Jeanne Evrard), ni même dix fois… mais très exactement 67 fois !

Comment est-ce mathématiquement possible ? Ce chiffre exceptionnel s’explique par l’union de leurs parents au XXe siècle. Ces derniers étaient, sans le savoir, des cousins issus de multiples croisements généalogiques antérieurs :

  • Le père descendait à lui seul 41 fois du couple fondateur, au travers de branches croisées (notamment celles de Jacques et de François « Gilles »).
  • La mère, issue de la même communauté, descendait quant à elle 26 fois de ce même couple.

En s’unissant, ils ont transmis l’intégralité de leur héritage généalogique à leurs enfants (41 + 26), faisant de ces derniers l’aboutissement de 67 chemins généalogiques distincts menant tous aux mêmes ancêtres du XVIIe siècle. C’est la preuve la plus éclatante de la cohésion absolue des communautés littorales du Calaisis.

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