Jeanne Evrard

Une femme du littoral marckois au XVIIᵉ siècle

La généalogie de la famille Agneray ne peut être comprise sans s’arrêter sur la figure de Jeanne Evrard, épouse de François Agneray et mère de l’ensemble de sa descendance connue. Contrairement à de nombreuses femmes de cette période, Jeanne Evrard est relativement bien documentée par les sources paroissiales, ce qui permet de restituer avec précision les grandes lignes de sa vie.

Ce que l’on sait de Jeanne Evrard

Jeanne Evrard est née le 11 juin 1634 à Marck, dans le Pas-de-Calais. Son baptême est attesté par les registres paroissiaux de la commune, conservés pour cette période. Elle est la fille d’Antoine Evrard et de Guillemette Beuvry, un couple bien implanté localement.

Elle appartient à une fratrie nombreuse, caractéristique des familles littorales du XVIIᵉ siècle. Plusieurs de ses frères et sœurs se marient et fondent à leur tour des familles à Marck ou dans les environs, révélant un réseau familial dense et durablement enraciné dans la paroisse.

Jeanne Evrard décède à Marck le 17 juin 1693, à l’âge de 59 ans. Son décès est attesté par un acte paroissial conservé, qui clôt une vie entièrement inscrite dans le cadre de cette communauté littorale.

Union avec François Agneray

Jeanne Evrard épouse François Agneray vers 1652, très probablement à Marck.
L’acte de mariage n’a pas été retrouvé, mais cette lacune s’explique par les interruptions et pertes de registres pour cette période. La date de l’union est toutefois solidement déduite de la chronologie des naissances du couple.

Au moment de son mariage, Jeanne Evrard est âgée d’environ 18 ans, tandis que François Agneray est sensiblement plus âgé. Ce type d’union, avec un écart d’âge marqué, n’est pas exceptionnel dans les milieux maritimes, où l’établissement familial peut intervenir tardivement pour les hommes.

Maternité et descendance

De son union avec François Agneray, Jeanne Evrard donne naissance à huit enfants, tous baptisés à Marck entre 1652 et 1670. Cette continuité spatiale témoigne d’une stabilité résidentielle forte, malgré l’activité maritime de son époux.

La succession régulière des naissances sur près de vingt ans place Jeanne Evrard au cœur de la transmission familiale, tant sur le plan biologique que social. Elle est la figure centrale autour de laquelle s’organise la deuxième génération Agneray, dont les ramifications structurent ensuite durablement la généalogie de la famille.

Une femme inscrite dans son milieu

Les sources ne livrent aucun détail direct sur la vie quotidienne de Jeanne Evrard. Toutefois, son parcours s’inscrit pleinement dans celui des femmes de marins et de pêcheurs du littoral : gestion du foyer, maternités répétées, enracinement paroissial et inscription dans un réseau familial local étendu.

La présence attestée de ses parents, de sa fratrie et de ses enfants à Marck montre qu’elle appartient à une famille autochtone, solidement implantée dans la paroisse depuis au moins une génération. Cette continuité contraste avec la mobilité professionnelle de son mari et souligne le rôle stabilisateur des lignées féminines dans les communautés littorales.

Sources et documentation

La vie de Jeanne Evrard repose sur des sources paroissiales directes, notamment :

  • son acte de baptême (Marck, 11 juin 1634), Acte 5 MIR 548/1 page 152
  • son acte de sépulture (Marck, 17 juin 1693), Acte 5 MIR 548/1 page 895
  • et les actes de baptême de ses enfants.

Ces documents constituent une base solide, permettant d’établir avec certitude les grandes étapes de son existence, sans recours à des hypothèses non étayées.

Acte de baptème
Transcription
  • 1. Le unziesme Juin a esté baptizée Jeanne
  • 2. fille de antoine evrard et guillemette
  • 3. baudon son parrain Salivier bruzelle
  • 4. et Jehan baudon ses marraines
  • 5. marie pinpre et marie evrard

Acte de sépulture
Transcription
  • 1. L’an de Grace 1693. et le dixseptieme jour du mois de Juin est
  • 2. Decedée en la communion de Notre mere Ste Eglize Jeanne
  • 3. Eurard femme de françois hagneray aagée de Soixante deux
  • 4. ans ou environ apres avoir esté administrée des Sts sacrem
  • 5. de penitence Et D’Eucharistie dont le corps est inhumé
  • 6. au Cimetiere de Cette eglize le Lendemain.

L’âge déclaré dans l’acte de sépulture (environ 62 ans) diffère légèrement de l’âge déduit de son baptême, écart fréquent dans les sources paroissiales.

Cette étude s’inscrit dans le cadre du Projet Agneray

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