Pendant plus d’un siècle, l’école des Hemmes de Marck a accompagné la vie quotidienne du hameau maritime. Entre dunes, fermes, marais et maisons de pêcheurs, elle fut bien davantage qu’un simple lieu d’enseignement : elle représenta un centre de vie, de rencontres et de transmission pour plusieurs générations d’enfants.
Les informations qui suivent sont tirées de l’ouvrage de Roger Agneray, Un village de notre Calaisis – Les Hemmes de Marck (1987), qui consacre plusieurs pages à l’histoire de l’école du village.

Avant l’école publique : les débuts de l’instruction
Avant la fin du XIXᵉ siècle, l’accès à l’instruction restait compliqué pour les enfants des Hemmes. Le hameau étant éloigné du centre de Marck, la question d’une école locale se posa assez tôt.
Roger Agneray rappelle qu’avant 1878, l’ouverture d’écoles dans d’autres quartiers du Calaisis entraînait déjà des débats sur la nécessité d’offrir un enseignement de proximité aux Hemmes et au Fort-Vert.
1849 : les premières démarches communales
Le 7 février 1849, le conseil municipal de Marck examina la possibilité d’acheter une maison afin d’y installer une école destinée aux enfants des Hemmes et du Fort-Vert.
Plusieurs projets furent étudiés, preuve que les élus étaient conscients des difficultés rencontrées par les familles du littoral pour scolariser leurs enfants.
Une première école libre
En 1865, une école libre fonctionnait déjà dans une maison appartenant à Melle Louise Lebon. L’établissement était dirigé par une religieuse de la communauté des Bénédictines de Calais.
Selon Roger Agneray, cette école accueillait environ 60 élèves, dont 40 filles et 20 garçons.
Cela montre l’importance croissante de l’instruction dans le village.
1868 : création de l’école publique
Le 19 janvier 1868, sous la municipalité du maire Célestin Sergent, le conseil municipal vota officiellement la création d’une école publique aux Hemmes.
Cette décision marqua une étape essentielle dans l’histoire du hameau. L’école devint alors un véritable service communal permanent.

1876 : le bâtiment de la rue Robelin
Roger Agneray indique qu’en 1876 fut construite l’école publique située au n°864 rue Robelin, emplacement resté longtemps associé à l’enseignement primaire du village.
Le coût total des travaux s’éleva à 16 185,79 francs, somme importante pour l’époque.
Le bâtiment comprenait :
- une salle de classe
- un logement d’instituteur
- des dépendances
Comme souvent dans les villages ruraux, l’école et le logement du maître étaient réunis sur place.
Des agrandissements successifs
Avec l’augmentation de la population scolaire, plusieurs aménagements furent entrepris :
En 1934
Construction d’un garage et d’un logement de fonction complémentaire.
En 1975-1976
Ajout d’une classe maternelle et modernisation des locaux.
En 1981
Réaménagement d’un local derrière l’ancienne école.
En 1986
L’école comportait alors plusieurs classes réparties selon les niveaux, de la maternelle aux cours moyens.

Les enseignants du village
L’ouvrage de Roger Agneray conserve également la mémoire de nombreux instituteurs et institutrices passés par les Hemmes depuis le XIXᵉ siècle.
Parmi eux :

- M. Pierron
- M. Gryseleyn
- M. Fichot
- M. Grayseloyn
- M. et Mme Cudnaërt
- M. Darques
- Mme Dubois
- Mme Morlier
Leur souvenir reste attaché à la vie locale et à plusieurs générations d’anciens élèves.
Une école au cœur de la vie des Hemmes
Dans un hameau longtemps isolé par les distances, les terres basses et les conditions climatiques du littoral, l’école représentait :
- l’accès au savoir
- la vie sociale des familles
- la réussite des enfants
- un symbole de modernité
- un repère quotidien dans le village
Les photographies reproduites dans le livre montrent plusieurs classes d’enfants posant devant les murs de briques de l’établissement, témoignage précieux de cette mémoire populaire.
Une mémoire toujours vivante
Pour de nombreux habitants des Hemmes, l’école reste associée aux souvenirs d’enfance :
- la cour de récréation
- les hivers venteux
- les blouses d’écoliers
- les cahiers d’écriture
- les leçons du maître ou de la maîtresse
- les camarades de classe devenus voisins ou amis de toujours

Conclusion
L’école des Hemmes de Marck fut bien plus qu’un simple bâtiment communal. Elle fut un lieu d’apprentissage, de cohésion et d’espoir pour tout un village maritime.
Grâce au travail de mémoire accompli par Roger Agneray dans Un village de notre Calaisis – Les Hemmes de Marck (1987), cette histoire locale continue aujourd’hui de vivre.
