1614 —
Au tout début de l’année, la mer rappelle sa puissance. Après un violent vent de nord, un animal marin inconnu est retrouvé échoué sur la côte, près de Waldam.
La créature, longue de quarante-neuf pieds et dotée de trente-quatre grosses dents, suscite l’étonnement. Vendue pour 130 francs, elle permet d’extraire quatre-vingts barils d’huile. L’événement frappe les esprits et alimente longtemps les récits locaux.
( Annales de Calais par C. Demotier )

1620 —
Le 29 décembre, la ville reçoit une visite royale. Louis XIII, alors présent à Calais, fait publier qu’il touchera les écrouelles le jour de l’an à Boulogne. La présence du souverain confirme l’importance politique et symbolique de la cité.
1634 —
Le 19 octobre, les troupes françaises s’emparent du fort de l’Écluse, près d’Oye. Cet épisode s’inscrit dans un contexte de tensions permanentes sur le littoral, où places fortes et passages stratégiques sont âprement disputés.
1637 —
Le 5 novembre, le corsaire La Madeleine, commandé par le capitaine Morel, entre dans le port de Calais avec deux prises de morue. La course maritime demeure alors une activité essentielle, mêlant guerre, commerce et survie économique.
1639 —
Le 19 février, six des sept vaisseaux espagnols échoués sous Mardick, à la suite d’un combat naval, parviennent à se renflouer. La mer du Nord reste un théâtre d’opérations incessantes entre puissances rivales.
1652 —
Le 18 mai, Gravelines tombe aux mains de l’ennemi après soixante-neuf jours de résistance. La nouvelle inquiète toute la région : Calais sait qu’elle peut, à son tour, se retrouver menacée.

1656 —
Les 15 et 16 février, un impressionnant convoi de deux cents navires chargés de troupes passe devant le port de Calais, venant de Hollande et se dirigeant vers Dieppe. Le détroit devient un véritable couloir militaire.
1658 —

Le 23 mai, Le roi Louis XIV vient à Calais avec le cardinal de Mazarin. Bientôt après il se rendit à Dunkerque, dont son armée faisait le siège, et qui se rendit le 12 juin aux Français pour être selon les conventions, immédiatement livrée aux Anglais. En revenant à Calais, le roi prit froid en passant par Gravelines et fut saisi d’une fièvre violente qui dura quatorze jours.
Comme aucun traitement ne réussissait, on fit venir d’Abbeville un médecin qui s’était acquis une réputation par la hardiesse avec laquelle il administrait l’émétique. Quand le roi en eut une dose, il fut tellement secoué qu’on le crut mort ; la consternation était extrême à Calais. On administra une seconde dose et le roi fut sauvé et retourna à Paris après un séjour de deux mois et vingt jours à Calais.( Éphémérides du Calaisis. Le Patriote )
1661 —
Le 2 décembre, Louis XIV, arrivé la veille, prend officiellement possession de Dunkerque. Calais demeure un point d’appui essentiel du pouvoir royal dans la région.
1669 —
Le 5 avril, un drame frappe le quartier du Courgain. Cinq femmes pauvres, des verrotières surprises par la neige le long de la mer, meurent de froid. Cet épisode rappelle la précarité de la vie des gens du littoral, exposés aux intempéries et dépendants de la mer pour leur subsistance.

1677 —
Le 23 avril, Louis XIV revient à Calais. Il repart dès le lendemain pour inspecter les fortifications de Dunkerque, puis revient coucher à Calais le 29 avant de se rendre à Saint-Omer le 30. Ces allées et venues royales soulignent l’importance stratégique de la ville.
1692 —
Le 6 janvier, le commerce de la ville de Calais était si florissant que l’on comptait, dans le port, plus de 400 vaisseaux de toutes les nations. Lorsqu’ils étaient déchargés, ils allaient se placer du côté de la citadelle, où ils prenaient des marchandises de France, en échange de celles qu’ils avaient apportées.( Amis du Vieux Calais – Gilles Peltier – Fonds Robert Chaussois )
1695–1696 —

La fin du siècle est marquée par la guerre et la violence.
Le 16 juillet 1695, Calais subit un bombardement de six cent soixante bombes.
Le 10 avril 1696, la flotte anglaise renouvelle l’attaque et lance trois cent soixante bombes sur la ville en plein après-midi.
Quelques jours plus tard, le 19 avril 1696, Jacques II arrive à Calais avec le comte d’Harcourt et de nombreux seigneurs. Quatre cents vaisseaux de transport sont rassemblés dans le port pour embarquer quatorze mille hommes. Le mauvais temps oblige cependant la flotte à attendre plusieurs semaines.
Le 12 mai 1696, la flotte du prince d’Orange, destinée à bombarder Calais, stationne devant Gravelines. La menace demeure constante jusqu’à la fin du siècle.
