Marck en 1845 : plongée dans la commune de nos ancêtres

Au milieu du XIXe siècle, Marck n’est pas encore la commune périurbaine que nous connaissons aujourd’hui. C’est alors un vaste territoire rural et maritime, situé entre Calais et Gravelines, tourné à la fois vers la terre, la mer et les canaux. Grâce à une notice publiée dans l’Almanach de la ville et du canton de Calais pour 1845, il est possible de redécouvrir la vie quotidienne des habitants de Marck à cette époque.

Pour les familles anciennes du secteur — et notamment celles des Hemmes, du Fort-Vert ou de Waldam — ce document offre un témoignage précieux sur le cadre de vie de leurs ancêtres.


Une commune entre mer, sable et terres basses

La notice décrit Marck comme une commune plane, bordée au nord par la Manche, entourée d’Oye, Guemps, Coulogne et Saint-Pierre-lès-Calais. Le paysage est largement ouvert, marqué par les terres basses, les fossés de drainage et les dunes littorales.

Le territoire dépend beaucoup de la maîtrise de l’eau. De nombreux watergangs, fossés et canaux servent à assécher les terres et à permettre la culture.

Le canal de Marck, déjà ancien puisqu’établi en 1696, permet le transport du bois, de la houille, des briques et d’autres matériaux.

Une agriculture en progrès

En 1845, l’agriculture a fortement évolué. Le texte explique que les anciennes jachères ont reculé et que les méthodes culturales se sont améliorées.

Les cultures principales sont le froment,, l’avoine, le trèfle, le lin, le colza, la pomme de terre et les prairies artificielles

Le dessèchement des terres entrepris depuis le début du XIXe siècle a permis de meilleurs rendements.

Marck apparaît donc comme une commune agricole dynamique, malgré des sols parfois argileux ou sableux.

Les Hemmes et le Fort-Vert : pays de pêcheurs

La notice distingue clairement les habitants du littoral :

« Les habitants des hameaux du Fort-Vert et des Hemmes […] sont pêcheurs et marins ; les autres s’adonnent à l’agriculture. »

Cette phrase est capitale pour comprendre l’histoire des familles maritimes locales.

En 1839, la commune compte 14 bateaux pêcheurs jaugeant 35 tonneaux montés par 63 hommes d’équipage

Cela confirme l’importance d’une petite économie de pêche côtière encore bien vivante au XIXe siècle.

Une population modeste et souvent pauvre

La population de Marck est alors de 2 074 habitants.

Mais la notice insiste sur la pauvreté :

  • un tiers de la population est considéré comme pauvre
  • environ un neuvième vit dans la mendicité

Le texte explique cette situation par le partage ancien des communaux, qui a attiré de nombreux habitants modestes venus construire des chaumières sur des terrains sablonneux.

Cette réalité sociale rappelle combien la vie pouvait être précaire pour les journaliers, pêcheurs ou petits cultivateurs.

Maisons, métiers et vie locale

Marck compte 456 maisons. Beaucoup sont encore des masures ou des habitations modestes. Certaines sont construites en briques, d’autres en torchis couvert de chaume.

On y trouve aussi cinq moulins à vent, une brasserie, deux fours à briques, quelques métiers à tulle , des forges de maréchaux

La commune commerce peu, mais fournit de la volaille aux marchés de Calais.

Une mémoire historique déjà ancienne

En 1845, les auteurs rappellent que Marck possède un passé ancien :

  • ancienne seigneurie relevant des comtes de Guînes
  • château pris et repris pendant la guerre de Cent Ans
  • fortifications disparues
  • ancienne abbaye détruite
  • bourg jadis militaire devenu village

Ils mentionnent aussi la belle église visible de loin sur cette plaine sans relief.

Ce que ce document nous apprend aujourd’hui

Cette notice montre une commune partagée entre deux mondes :

  • l’intérieur agricole, tourné vers les cultures et l’élevage
  • le littoral maritime, vivant de la pêche et des marées

C’est dans ce décor qu’ont vécu de nombreuses familles anciennes du Calaisis. Pour ceux qui portent des noms enracinés à Marck, Oye-Plage ou aux Hemmes, ces lignes permettent de mieux imaginer le quotidien des générations passées.

Source

Notice sur la commune de Marck, Almanach de la ville et du canton de Calais, 1845.

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Conclusion

Lire Marck en 1845, c’est retrouver une commune de travailleurs, de marins, de cultivateurs et de familles modestes vivant entre dunes, canaux et grands vents du littoral. Un monde disparu, mais dont la mémoire demeure encore dans les noms, les lieux et les histoires familiales.

👉 retour Marck – histoire et archives communales

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