Après avoir étudié l’exportation du sang Agneray vers Boulogne-sur-Mer avec la famille Coquelin, (Focus Généalogique : Les Coquelin…) arrêtons-nous sur un patronyme au destin diamétralement opposé. Dans notre base de données généalogique, 95 individus portent le nom de BOURNISIEN.
Leur profil démographique et géographique est saisissant : ils sont (à quelques exceptions contemporaines près) tous nés à Marck ou à Oye-Plage. Mieux encore, sur ces 95 descendants, 70 possèdent au moins un implexe (c’est-à-dire qu’ils descendent par plusieurs chemins de François Agneray et Jeanne Evrard).
Comment la famille Bournisien est-elle devenue la grande dynastie « cousine » des Agneray, au point de fusionner leurs arbres généalogiques sur notre littoral ?

1. L’alliance fondatrice d’Élisabeth Agneray (1697)
Contrairement aux autres patronymes qui entrent dans l’arbre à la 3ème ou 4ème génération, le nom Bournisien est là depuis les origines.
L’histoire commence avec Élisabeth AGNERAY (1667-1728), la fille cadette du couple fondateur (descendante de la lignée d’Élisabeth Agneray). Le 28 juillet 1697, en l’église d’Oye-Plage, elle épouse un certain Jean BOURNISIEN. Par ce mariage, Élisabeth fonde l’une des six grandes branches de notre généalogie. Tous ses descendants directs (fils et petits-fils) vont perpétuer le nom Bournisien tout en portant le sang des Agneray.
2. Le siècle des mariages croisés (1750 – 1820)
Les enfants et petits-enfants de Jean Bournisien et Élisabeth Agneray grandissent dans les villages de Marck et d’Oye-Plage, aux côtés des petits-enfants des autres branches (ceux de François « Gilles » ou de François). Tous appartiennent à la même communauté soudée des gens de mer.
Logiquement, au milieu du XVIIIe siècle, ces cousins plus ou moins éloignés vont commencer à se marier entre eux. C’est à cette époque que la famille Bournisien va créer les implexes les plus massifs de notre généalogie. Les registres nous dévoilent une série d’alliances spectaculaires :
- 30 avril 1759 : Marie Jeanne Bournisien (descendante d’Élisabeth) épouse Jean Agneray (descendant de François « Gilles »).
- 7 novembre 1774 : Jean Baptiste Bournisien épouse Marie Anne Lamour, elle aussi issue de la branche de François « Gilles ».
- 24 vendémiaire an VI (1797) : Marie Jeanne Rosalie Bournisien épouse Pierre Antoine Agneray.
- 7 avril 1817 : Jean Frédéric Bournisien s’unit à Marie Louise Charlotte Agneray.
Conclusion : Les gardiens du berceau familial
Ces mariages successifs entre les Bournisien (issus d’Élisabeth) et les Agneray (issus des autres enfants) ont tissé une véritable toile d’araignée généalogique sur les communes de Marck et d’Oye-Plage.
Là où d’autres familles alliées sont parties s’installer dans les ports voisins, les Bournisien illustrent la quintessence de l’endogamie ultra-locale. Les 70 individus nommés Bournisien (comme Adèle Victoire, née en 1851, ou Augustine Eléonore, née en 1824) qui comptent de multiples implexes dans notre base, sont le fruit direct de ces mariages croisés.
Étudier la descendance Bournisien, c’est finalement étudier le miroir parfait de la famille Agneray : deux familles du Calaisis qui ont partagé le même territoire, les mêmes métiers et les mêmes gènes pendant plus de trois siècles.
- Pour comprendre l’ampleur statistique de ces alliances consanguines, [consultez notre page dédiée aux Statistiques de l’Endogamie].
les grandes lignées alliées historiques :
- COQUELIN (87 individus) Lire notre focus : Comment ce nom boulonnais est-il entré dans la famille Agneray
- LENTHIEULE (71 individus) Lire notre focus : L’endogamie marckoise par excellence
- LAMOUR (61 individus) Lire notre focus : L’exception statistique de l’arbre Agneray
- BRUXELLES (49 individus) Lire notre focus : La famille « pivot » de l’arbre Agneray
- RADENNE (49 individus) Lire notre focus : L’autre grande dynastie de la côte d’Opale
- DESEIGNE (43 individus) Lire notre focus : Le joyau de l’endogamie littorale
- VEROVE (35 individus) Lire notre focus : De Marck à Gravelines
- GODIN (23 individus) Lire notre focus : Les exilés de la Flandre maritime
- EVRARD (98 individus) Lire notre focus : Le grand « retour aux sources » de l’arbre Agneray – Héritage direct du nom de l’épouse
