Dans notre exploration des grandes familles alliées à la descendance de François Agneray et Jeanne Evrard, nous avons croisé des destins géographiques très différents : les sédentaires de Marck (Lenthieule, Bruxelles, Bournisien) et les migrants de Gravelines (Verove) ou de Boulogne (Coquelin).
Mais la famille GODIN occupe une place résolument à part dans notre arbre généalogique. Forte de 128 descendants répertoriés dans notre base, cette lignée raconte l’histoire d’une migration précoce et d’un isolement complet par rapport au reste de la famille.
1. Un patronyme fondateur : l’héritage de Marie Agneray
Contrairement aux autres noms de famille qui se sont greffés au fil des générations via des mariages de petites-filles ou d’arrière-petites-filles, le nom Godin est présent dès l’origine de notre généalogie.
Il est le fruit d’une des six maîtresses branches de l’arbre : celle de Marie AGNERAY (1662-1712). C’est par son mariage avec un Godin que le patronyme entre dans l’histoire de la famille. Ses propres enfants (Pierre, Antoine, François, Nicolas, Marie et Marie Jeanne Godin) vont porter et transmettre ce nom, formant ainsi la « Branche n°5 » de notre classification d’Aboville.

2. L’exode vers la baie de Dunkerque
Si la première génération est née sur les terres du Calaisis, les registres nous révèlent une bascule géographique brutale dès les générations suivantes. La branche Godin a quitté le giron marckois pour migrer vers l’extrême nord de la côte d’Opale, dans les communes bordant Dunkerque.
L’extraction des lieux de naissance des 128 descendants uniques de cette lignée est édifiante :
- Grande-Synthe : 58 naissances
- Fort-Mardyck : 30 naissances
- Mardyck : 6 naissances
- Petite-Synthe : 5 naissances (Seule une quinzaine de naissances anciennes subsistent à Marck et Oye-Plage).
En suivant les opportunités de la pêche côtière et du commerce maritime, les Godin se sont durablement implantés dans le bassin dunkerquois, un territoire historiquement tourné vers la Flandre.
3. L’endogamie en vase clos (L’implexe 100 % intra-branche)
C’est ici que les statistiques révèlent un phénomène généalogique fascinant. Parce qu’ils ont migré très tôt à plus de 40 kilomètres de leur berceau d’origine, les Godin ont été géographiquement coupés du reste de la famille Agneray. Ils n’ont donc jamais pu se marier avec les autres descendants (les Lenthieule, les Bournisien ou les Bruxelles qui, eux, s’unissaient entre cousins à Marck).
Pourtant, en tant que famille de pêcheurs dunkerquois (notamment à Fort-Mardyck, un village réputé pour son endogamie très stricte), les Godin ont continué à se marier entre gens de mer… et donc entre eux !
Notre extraction mathématique révèle que 23 membres de la lignée Godin possèdent de multiples implexes. Mais particularité absolue : tous ces implexes ne croisent aucune autre branche de l’arbre. Les descendants de l’aîné (Pierre Godin) ont épousé les descendantes des cadets (comme Antoine ou Marie Jeanne Godin). C’est ce que l’on appelle une endogamie intra-branche pure. Les « nœuds » généalogiques des Godin se sont formés en autarcie, à des kilomètres du berceau familial, entre les descendants de la seule Marie Agneray.
Conclusion : Une lignée indépendante
La branche Godin est un cas d’école passionnant. Elle nous démontre que si le sang de François Agneray et Jeanne Evrard a bien essaimé jusqu’aux portes de la Belgique, la géographie a fini par scinder l’arbre en deux. D’un côté, le grand réseau des cousins restés dans le Calaisis qui n’ont cessé de croiser leurs lignées ; de l’autre, les Godin du Dunkerquois, vivant leur propre épopée maritime et tissant leurs propres implexes à l’ombre des dunes de Flandre.
- Pour comprendre l’ampleur statistique de ces alliances consanguines, [consultez notre page dédiée aux Statistiques de l’Endogamie].
les grandes lignées alliées historiques :
- COQUELIN (87 individus) Lire notre focus : Comment ce nom boulonnais est-il entré dans la famille Agneray
- LENTHIEULE (71 individus) Lire notre focus : L’endogamie marckoise par excellence
- BOURNISIEN (70 individus) Lire notre focus : L’alliance historique de Marck et d’Oye-Plage
- LAMOUR (61 individus) Lire notre focus : L’exception statistique de l’arbre Agneray
- BRUXELLES (49 individus) Lire notre focus : La famille « pivot » de l’arbre Agneray
- RADENNE (49 individus) Lire notre focus : L’autre grande dynastie de la côte d’Opale
- DESEIGNE (43 individus) Lire notre focus : Le joyau de l’endogamie littorale
- VEROVE (35 individus) Lire notre focus : De Marck à Gravelines
- EVRARD (98 individus) Lire notre focus : Le grand « retour aux sources » de l’arbre Agneray – Héritage direct du nom de l’épouse
