Focus Généalogique : Les Lenthieule, l’endogamie marckoise par excellence

Parmi les patronymes qui se détachent dans les statistiques de notre descendance (comptant 3 517 descendants uniques de François Agneray et Jeanne Evrard), la famille LENTHIEULE occupe une place particulière avec 81 individus répertoriés.

L’étude de leurs données démographiques révèle un profil radicalement différent de toutes les autres branches. Si la famille Coquelin illustre l’expansion géographique et si la famille Radenne illustre des mariages multiples, la famille Lenthieule est le cas d’école parfait du « vase clos » intra-familial et ultra-local.

1. Un enracinement exclusif à Marck

L’extraction des lieux de naissance de la branche Lenthieule est sans appel : sur les 81 descendants identifiés, 74 sont nés dans la seule commune de Marck (soit plus de 91 % de la lignée !). Les 7 autres naissances concernent des générations contemporaines (sans lieu renseigné) et une seule naissance isolée à Gravelines.

Les Lenthieule étaient viscéralement attachés à la paroisse de Marck. Et c’est cette sédentarité extrême qui va provoquer, sur plusieurs générations, l’un des taux de consanguinité les plus élevés de notre arbre généalogique.

2. L’entrée dans la famille : Jeanne Agneray (1723)

Le nom Lenthieule entre dans notre arbre par la branche de François « Gilles » Agneray (1654-1721). Le 15 avril 1723, à Marck, sa fille cadette, Jeanne AGNERAY (1697-1768), épouse un certain Jacques LENTHIEULE.

C’est de ce couple fondateur que sont issus tous les Lenthieule de notre base de données. À ce stade, la descendance de Jeanne et Jacques est une lignée « simple ». Mais la situation généalogique va se complexifier dès la génération suivante.

3. Le mariage de 1764 : Le « verrouillage » génétique

Cinquante ans plus tard, la communauté marckoise a peu bougé. Le 23 août 1764, un jeune homme nommé Jacques LENTHIEULE (qui n’est autre que le propre fils de Jeanne Agneray) se marie à Marck. Il épouse une jeune femme du village nommée Thérèse RADENNE.

L’analyse des registres révèle le secret de cette union : Thérèse Radenne n’est pas une étrangère à la famille. Elle est la petite-fille de Marie Agneray, qui était la sœur aînée de Jeanne Agneray !

  • Jacques Lenthieule est le petit-fils de François « Gilles » Agneray.
  • Thérèse Radenne est l’arrière-petite-fille de ce même François « Gilles » Agneray.

En se mariant, le cousin oncle à la mode de Bretagne (Jacques) et la cousine (Thérèse) créent un implexe intra-branche retentissant. En une seule cérémonie, le patrimoine génétique de la descendance Lenthieule se replie sur lui-même, créant une double lignée d’ascendance remontant directement à François « Gilles » Agneray.

Conclusion : 91 % de descendants avec implexes

Parce que ce mariage « en boucle » de 1764 s’est produit très tôt dans la généalogie, ses conséquences statistiques sur la descendance moderne sont vertigineuses.

Les enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants de Jacques Lenthieule et Thérèse Radenne (qui ont eux-mêmes continué à épouser des Agneray, des Bournisien ou des Radenne de Marck) ont hérité de ce « nœud » généalogique. Aujourd’hui, notre base indique que 74 des 81 Lenthieule répertoriés possèdent au moins un implexe.

Seule une poignée de Lenthieule (7 individus) échappe à cette multi-descendance. En étudiant la famille Lenthieule, nous observons à la loupe le mécanisme de « verrouillage endogamique » typique des familles du Calaisis sous l’Ancien Régime : sédentarité villageoise, réseau professionnel fermé, et unions entre petits-cousins pour préserver les alliances locales.

les grandes lignées alliées historiques :

  • COQUELIN (87 individus) Lire notre focus : Comment ce nom boulonnais est-il entré dans la famille Agneray
  • BOURNISIEN (70 individus) Lire notre focus : L’alliance historique de Marck et d’Oye-Plage
  • LAMOUR (61 individus) Lire notre focus : L’exception statistique de l’arbre Agneray
  • BRUXELLES (49 individus) Lire notre focus : La famille « pivot » de l’arbre Agneray
  • RADENNE (49 individus) Lire notre focus : L’autre grande dynastie de la côte d’Opale
  • DESEIGNE (43 individus) Lire notre focus : Le joyau de l’endogamie littorale
  • VEROVE (35 individus) Lire notre focus : De Marck à Gravelines
  • GODIN (23 individus) Lire notre focus : Les exilés de la Flandre maritime
  • EVRARD (98 individus) Lire notre focus : Le grand « retour aux sources » de l’arbre Agneray – Héritage direct du nom de l’épouse

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