Focus Généalogique : Les Coquelin, de Marck à Boulogne-sur-Mer

En parcourant la base de données de la descendance de François Agneray et Jeanne Evrard, un œil averti remarquera rapidement une anomalie géographique et patronymique. Parmi les descendants, on dénombre pas moins de 87 individus portant le nom de famille COQUELIN.

Pourtant, une analyse stricte de leurs lieux de naissance révèle une géographie étonnante : aucun d’entre eux n’est né à Marck ou à Oye-Plage, berceaux historiques de notre famille. La majorité de ces Coquelin ont vu le jour à Boulogne-sur-Mer.

Comment ce patronyme typiquement boulonnais s’est-il greffé de manière aussi massive sur l’arbre d’une famille souche du Calaisis ? La réponse se trouve dans l’étude minutieuse des actes d’état civil et illustre le rôle crucial des alliances féminines dans l’histoire des gens de mer.

1. Le point de départ : un implexe à Marck (1759)

L’histoire de la branche Coquelin commence en réalité par un mariage consanguin purement marckois.

Le 30 avril 1759, Jean AGNERAY (descendant de la lignée de François « Gilles » Agneray) épouse Marie Jeanne BOURNISIEN (descendante de la lignée d’Élisabeth Agneray). Cette union crée un « nœud » généalogique majeur (un implexe) : leurs enfants porteront en eux l’héritage conjoint de deux des enfants du couple fondateur.

De ce mariage naît un fils, Jean Jacques AGNERAY, baptisé le 22 janvier 1760.

2. Le glissement vers Calais (1786)

Contrairement à nombre de ses aïeux restés ancrés à Marck ou Oye-Plage, Jean Jacques Agneray se déplace de quelques kilomètres. C’est à Calais que naît sa fille, Marie Rosalie AGNERAY, le 17 septembre 1786.

Marie Rosalie est la véritable « clé de voûte » de notre énigme. En tant que femme, elle ne transmettra pas le patronyme Agneray à ses enfants, mais elle leur transmettra l’intégralité de son bagage généalogique (le fameux double héritage de Gilles et d’Élisabeth).

3. L’alliance boulonnaise et la naissance de la branche Coquelin

Les réseaux maritimes de l’époque ne s’arrêtaient pas aux frontières d’un village. Les marins de Calais, de Gravelines et de Boulogne-sur-Mer se côtoyaient dans les ports ou lors des campagnes de pêche. C’est par ce maillage socio-professionnel que Marie Rosalie Agneray s’allie à un marin portant le nom de COQUELIN.

Le couple s’installe alors dans le grand port de pêche du Pas-de-Calais : Boulogne-sur-Mer. C’est là que naissent leurs enfants (les registres nous indiquent notamment Pierre André Coquelin et Célestine Julie Coquelin, porteurs du numéro d’Aboville 2.10.5.1.2.3. et suivants).

Conclusion : L’endogamie déplacée

Une fois installés à Boulogne-sur-Mer, les descendants de Marie Rosalie Agneray et de son époux Coquelin ont reproduit le schéma social de leurs ancêtres : en tant que gens de mer, ils se sont mariés quasi exclusivement au sein de la communauté maritime boulonnaise.

C’est ainsi qu’au fil des générations, cette « sous-branche » a prospéré, multipliant les naissances (Auguste Edouard, Bernadette, Bibiane, Carmen…) jusqu’à atteindre les 87 individus dûment rattachés à notre arbre aujourd’hui.

L’étude de la branche Coquelin nous rappelle une règle d’or en généalogie : si le patronyme se transmet par les hommes, c’est très souvent par les femmes que les lignées voyagent, s’exportent et viennent s’allier à de nouvelles dynasties maritimes le long de la côte d’Opale.

les grandes lignées alliées historiques :

  • LENTHIEULE (71 individus) Lire notre focus : L’endogamie marckoise par excellence
  • BOURNISIEN (70 individus) Lire notre focus : L’alliance historique de Marck et d’Oye-Plage
  • LAMOUR (61 individus) Lire notre focus : L’exception statistique de l’arbre Agneray
  • BRUXELLES (49 individus) Lire notre focus : La famille « pivot » de l’arbre Agneray
  • RADENNE (49 individus) Lire notre focus : L’autre grande dynastie de la côte d’Opale
  • DESEIGNE (43 individus) Lire notre focus : Le joyau de l’endogamie littorale
  • VEROVE (35 individus) Lire notre focus : De Marck à Gravelines
  • GODIN (23 individus) Lire notre focus : Les exilés de la Flandre maritime
  • EVRARD (98 individus) Lire notre focus : Le grand « retour aux sources » de l’arbre Agneray – Héritage direct du nom de l’épouse

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